Une exposition immersive pour les émotions que le français ne sait pas dire.

Trama est une exposition immersive qui traduit par l’espace des émotions que le français ne sait pas dire. Saudade, mamihlapinatapai, ya’aburnee : des sentiments universels que d’autres langues ont su capturer en un seul mot. Le parcours transforme chacun en un lieu que le corps traverse : la sensation d’abord, le mot ensuite. Sept espaces, 22 mots, 18 langues, une semaine au Centquatre-Paris. Projet de fin d’études (ESD, M2 Design Digital) présenté en candidature à la Fondation des Créatrices et Créateurs de Possibles.

BRIEF

Nous vivons tous des émotions que notre langue ne nomme pas. Le défi : les faire ressentir sans les expliquer. Trama devait concevoir un parcours qui guide sans prendre par la main, aucune signalétique, aucun sens interdit, l’ordre induit par ce qui se ressent et qui n’impose aucun récit. L’arc émotionnel suit la vie d’un lien (rencontre, fusion, distance, manque, fin, mémoire) sans jamais le définir : deux fils rouges peuvent être deux amants, deux amis d’enfance, un parent et un enfant. Le tout dans une enveloppe de 50 000 € et un calendrier de cinq mois, du dessin au démontage.

SOLUTION

Le parcours s’articule autour d’une typologie unique : un cylindre coiffé d’un dôme (Ø 4,50 m, H 3,90 m), en rails à placo cintrés et profilés aluminium. Une ossature simple, économique, démontable et réemployable. La forme s’altère et l’habillage change selon l’émotion : membrane opaline et aube pulsante pour Koi no yokan, miroirs et colonne de tulle pour Mamihlapinatapai, plancher de verre sur ciel de nuages pour Ya’aburnee, lit de galets et mer panoramique pour Saudade, module scellé et inaccessible pour Hasrat.

Deux fils narratifs traversent l’ensemble : un fil sonore (un cœur, deux cœurs, un cœur apaisé) et un fil physique : la chorégraphie des fils rouges suspendus au-dessus des têtes. L’épilogue, La Clairière, ouvre la seule interaction du parcours : chacun cueille un fil, y attache un mot ou une forme, et le noue à un arbre de métal. Jour après jour, la canopée rouge grandit : la trame collective de tous les passages. La faisabilité est démontrée : budget engagé de 47 700 € sous la dotation de 50 000 €, prototypes critiques dès septembre, montage en cinq jours, démontage en deux.

RÉSULTAT

Un dossier de candidature complet : concept, scénographie, plans, fiches techniques par module, cartels multilingues, budget et rétroplanning. Trama laisse derrière elle une canopée de fils noués par des inconnus, une structure démontable qui peut renaître ailleurs, et pour chaque visiteur, un mot de plus pour dire ce qu’il vivait déjà.

Contenu interactif chargé à la demande · Trama